Du Conférence

Allocution de Son Altesse l’Emir de l’Etat du Koweït Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, qu’Allah le protège, lors de l’ouverture de la Troisième Conférence des Donateurs en soutien à la situation humanitaire en Syrie,
Koweït, le 31 mars 2015



Au nom d’Allah Clément et Miséricordieux, Louange à Allah,
Que notre Prophète Mahomet, sa famille et ses compagnons soient bénis.

Excellences,
Son Excellence M. Ban Ki Moon, Secrétaire général des Nations unies,
Son Excellence Dr Nabil Al-Arabi, Secrétaire général de la Ligue arabe,
Son Excellence Dr Abdullatif Al-Zayani, Secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe.
Que la paix, la miséricorde et la bénédiction d’Allah soient avec Vous

Honorables invités,

Permettez-moi d'abord de vous accueillir au Koweït pour participer à cette troisième conférence internationale des donateurs en soutien de la situation humanitaire en Syrie qui vient à partir de notre conscience de l'ampleur de la souffrance humanitaire et l'intérêt à lui mettre un terme aussi bien qu'en réponse à l'initiative de son excellence Ban Ki Moon, le Secrétaire Général des Nations Unies.

Excellences,

L’Etat du Koweït accueille la troisième conférence internationale des donateurs, pour face à la plus grande catastrophe humanitaire qu’ait connue le monde dans notre histoire contemporaine, et ce pour atténuer la souffrance de nos frères en Syrie dans cette crise qui entame sa cinquième année.

Les première et deuxième conférences des donateurs ont connu un succès significatif grâce à vos contributions qui ont enregistré un taux significatif qui a dépassé 90%, contribuant à garantir les engagements requis dans les appels humanitaires lancés alors par les Nations unies à ce moment-là. Nous émettons l’espoir que cette conférence déclenche également les réactions généreuses qui nous donneront les moyens de faire face aux besoins urgents de nos frères.

Excellences,

Durant cinq années, la catastrophe humanitaire a ravagé les rues et les quartiers de la Syrie, elle a transformé ses constructions en ruines et son peuple en victimes et en sans-abris. Les chiffres effarants et les faits documentés sur l’impact économique et social de la crise, publiés récemment après des recherches effectuées par des organisations internationales, ont démontré que le mot destruction est présent dans toutes les régions de la Syrie, sans exception. Le nombre de nos frères tués a dépassé les 210'000 victimes, celui des déplacés à l’intérieur et à l’extérieur, a atteint les 12'000'000 de personnes, vivant dans des conditions précaires et des situations dramatiques. Un réfugié syrien, décrivant ses conditions de vie ainsi que celles de ses frères d’infortune, les a comparées à celles de quelqu’un qui se trouve pris dans du sable mouvant, plus il s’agite, plus il s’enfonce. La crise a privé 2'000'000 d’enfants réfugiés de moins de huit ans de leurs droits les plus fondamentaux à l’éducation et à la santé, ce qui constitue une menace pour l’ensemble de la génération à venir qui va se retrouver face à un avenir obscur, et dépourvue de tous les moyens nécessaires à la reconstruction de son pays.

L’étude démontre également que l’économie syrienne connait un effondrement presque total. Les pertes s’élèvent à 200 milliards de dollars, le taux de chômage à 57%, la moyenne d’âge a enregistré une diminution atteignant 55 ans, la pauvreté a augmenté et le nombre de réfugiés syriens à l’étranger est désormais de 3,9 million de personnes, ce qui représente la plus grande communauté de réfugiés dans le monde.

Ces faits terrifiants nous placent, en tant que communauté internationale, devant une responsabilité historique qui nous oblige à agir avec détermination pour mettre fin à cette crise qui menace la sécurité et la paix internationales, puisque la Syrie est devenue un refuge pour les organisations terroristes au travers de laquelle elles projettent leurs sordides plans d’attaques.

Nous saisissons cette occasion pour saluer les efforts consentis par les pays ayant accueilli ces réfugiés notamment le Royaume Hachémite de Jordanie, la République libanaise, la République de Turquie, la République de l’Iraq et la République arabe d’Egypte, pour l’immense soutien et secours humanitaires apportés à cette communauté. La crise des réfugiés syriens a dépassé les moyens dont disposent les pays voisins, son impact est immense sur leurs services sociaux, leurs infrastructures, et leurs ressources gouvernementales, sans oublier les risques sécuritaires encourus par ces pays hôtes au vu de l’expansion régionale du conflit.

Nous exprimons notre appréciation pour les efforts déployés par les agences internationales spécialisées dans ce cadre, notamment le Haut-Commissariat aux Réfugiés, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation mondiale de la Santé, le Programme alimentaire mondial, le Bureau de Coordination des Affaires humanitaires et les autres agences internationales spécialisées œuvrant dans ce domaine. Dans ce contexte, Nous voulons aussi exprimer nos remerciements et notre appréciation à Mme Valérie Amos, pour ses sincères et louables efforts en tant que Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d'urgence de l’ONU.

La Communauté internationale, et plus particulièrement le Conseil de sécurité, se trouvent dans l’incapacité de mettre fin à ce conflit, de faire cesser le massacre de nos frères et leur préserver l’entité d’un pays déchiré par l’étau acéré des divergences et du terrorisme.

Devant cette réalité amère et cette menace flagrante de la paix et de la sécurité internationales, il est temps que les membres permanents laissent leurs intérêts et leurs nombreux différends de côté, et unissent leurs rangs afin de trouver une solution qui mettra un terme à ce conflit ravageur, restituera la paix et la stabilité à la Syrie, et réprimera les graves violations des droits de l’homme commises par toutes les parties en conflit. Nous demandons que tous les auteurs de ces crimes soient poursuivis en justice.

La solution politique globale réside dans la Déclaration de la Conférence de Genève 1 de 2012 et c'est la solution convenable afin de mettre fin au conflit en Syrie où aucune des parties n’en sortira gagnante et que les tirs des roquettes et d’obus ne mèneront qu’à davantage de destruction et d’anéantissement. Nous réaffirmons notre soutien à l’Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations unies pour la Syrie M. Staffan de Mistura.

Excellences,

L’Etat du Koweït, gouvernement et peuple, par le biais de ses institutions officielles et locales, n’a épargné aucun effort depuis le déclenchement de la crise en Syrie, et offre son aide humanitaire au peuple syrien frère. Au vu des circonstances tragiques que traversent nos frères syriens, nous sommes fermement convaincus de l’importance et de la nécessité de transmettre à ce peuple un message prouvant que la communauté internationale le soutient, qu’elle est consciente de ses souffrances, et qu’elle ne l’abandonnera pas à son sort. Nous avons le plaisir de vous annoncer que la contribution de l’Etat de Koweït sera de 500 millions de dollars américains par les deux secteurs privé et public, et ce en soutien à la situation humanitaire du peuple syrien frère. Nous espérons que le monde entier n’oubliera jamais cette tragédie et œuvrera afin de refermer la blessure de ce peuple qui a souffert le martyr.

En conclusion, Nous adressons nos remerciements à Son Excellence M. Ban Ki Moon, Secrétaire général de l’ONU, ainsi qu’à ses collaborateurs, et aux frères, le président et les membres du comité en charge de la préparation ainsi que tous les participants afin de garantir le bon déroulement de cette conférence. Nous adressons également nos prières à Allah tout puissant pour que les espérances du peuple syrien soient exaucées, pour que l’unité, la souveraineté et l’indépendance de la Syrie soient épargnées, pour que la sécurité et la stabilité soient rétablies et que nos nobles efforts soient couronnés de succès.

Wassalamou Alaikoum Warahmatoullahi Wabarakatouh

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